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  • Hamnet : un film qui finit par bouleverser

    Hamnet : un film qui finit par bouleverser

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    Je suis allé voir Hamnet sortie au cinéma le 21 janvier 206, sans grande attente. À vrai dire, ce n’était pas un film qui m’attirait particulièrement et je pensais même qu’il ne serait tout simplement pas fait pour moi. Et pourtant… l’expérience a été bien plus complexe et marquante que prévu.

    Synopsis (sans spoiler)

    Hamnet nous plonge dans l’Angleterre au XVIᵉ siècle et s’intéresse à une famille confrontée à la perte, au deuil et à l’absence. Le film s’éloigne volontairement des codes du biopic classique pour proposer un récit plus intime, sensoriel où les émotions priment sur la narration purement linéaire.

    Un début difficile à apprivoiser

    Soyons honnêtes : la première heure du film m’a laissé assez froid. Le rythme est parfois déroutant et la narration donne le sentiment d’enchaîner des situations sans véritables transitions ce qui peut créer une forme d’ennui ou, à minima, une distance avec ce qui se joue à l’écran.

    À ce stade, j’étais persuadé que Hamnet confirmait ce que je pensais au départ : un film respectable, mais pas pour moi.

    Une seconde partie bouleversante

    Et puis, le film bascule. La deuxième moitié est tout simplement remarquable. L’émotion prend enfin le dessus, le récit se resserre, et chaque scène gagne en intensité. Impossible de ne pas saluer la performance des acteurs, mais surtout celle de l’interprète de Hamnet (Jacobi Jupe).

    Voir un enfant de 12 ans capable de transmettre autant d’émotions, avec autant de justesse et de retenue, est profondément impressionnant. Sa prestation change totalement le film. À partir de là, j’ai complètement oublié mes réserves initiales.

    Mon avis final

    Hamnet est un film compliqué à noter. Il m’a clairement perdu sur sa première partie, mais il m’a totalement conquis sur la seconde. Cette dernière est si forte, qu’elle efface presque les maladresses du début.

    Je pense faire partie de ces spectateurs qui n’auraient jamais cru pouvoir adhérer à ce film et qui se sont finalement laissés emporter. Hamnet n’est pas un film facile, ni immédiatement accessible, mais il peut se révéler profondément marquant pour ceux qui acceptent de lui laisser du temps.

    Ma note : 3,75/5

    Note : 3.5 sur 5.

    Anecdotes et coulisses

    • Le refus des répétitions pour Jacobi Jupe : Pour capturer une innocence réelle, Chloé Zhao a interdit les répétitions classiques pour le jeune acteur jouant Hamnet. Elle préférait filmer ses premières réactions, pour obtenir cette spontanéité qui rend sa présence si vibrante avant le drame.
    • Filmer le silence : Sur le plateau, Paul Mescal et Jessie Buckley ont souvent été encouragés à ne pas prononcer leurs répliques. La réalisatrice tournait parfois de longues prises où les acteurs devaient simplement « exister » dans la pièce. C’est ce qui explique pourquoi tant de scènes reposent uniquement sur leurs regards et leurs gestes.
    • Le puzzle temporel : Contrairement à beaucoup de films tournés dans l’ordre chronologique, les scènes de bonheur (la rencontre) et de deuil ont été mélangées durant le tournage. Ce désordre volontaire aidait les acteurs à garder en eux la trace de la perte même dans les moments joyeux, nourrissant ainsi la narration fragmentée du film